Louis et la perte de Courville

Nous retrouvons le « clan » de Théodore, en ce début des années 1620. Son fils aîné Louis des Ligneris est devenu chambellan dHenri II de Bourbon-Condé en 1623.

Henri II de Bourbon-Condé, par François Clouet en 1618

Henri II de Bourbon-Condé, par François Clouet en 1618

Une présentation de ce prince s’impose, tant sa destinée fut mouvementée, dès sa naissance : il est en effet né en prison, fils posthume d’Henri Ier de Condé, car sa mère était accusée d’avoir empoisonné son mari, décédé brusquement et sans cause apparente en 1588. En raison des amabilités de sa mère envers un page, la filiation d’Henri II n’est pas reconnue comme légitime. Son statut reste indéterminé pendant plusieurs années, alors qu’il est en principe « premier prince du sang », héritier de la couronne après son proche cousin le roi Henri IV si ce dernier mourrait sans enfant mâle. En 1596, sur l’insistance de plusieurs Grands, et sous la condition de se convertir au catholicisme, sa mère est libérée par Henri IV, acquittée, son fils légitimé, et le jeune Henri II intègre la Cour avec le statut d’héritier présomptif.

Après la naissance du fils d’Henri IV en 1601 (futur Louis XIII), Henri II grandit dans l’indifférence générale. Réputé homosexuel, il est sommé par le roi d’épouser Charlotte de Montmorency, dont le roi s’est épris, pour devenir un mari complaisant. Il obéit en 1609. Néanmoins sa femme ne cède pas aux avances du roi, et ces dernières finissent par rendre jaloux le prince qui enlève sa propre femme début 1610 pour s’enfuir à Bruxelles, aux Pays-Bas espagnols !

Henri IV est furieux. Craignant une invasion française, le gouvernement de la province « ibérique » n’autorise que le séjour de sa femme. Henri II poursuit sa fuite jusqu’à Cologne. La situation, comparée à celle d’Hélène de Troie, dégénère entre la France et l’Espagne, au point qu’Henri IV envisage une guerre. Mais la mort du roi en mai stoppe les velléités d’affrontement.

Le prince de Condé revient en France, la régente lui offrant une place privilégiée. Mais jaloux du favori Concini, il devient dès 1613 le principal opposant politique de la reine-mère. Un accord formalisé par un traité en 1616 le place Chef du Conseil de Régence. Néanmoins Richelieu se méfie de lui et le fait arrêter en plein Conseil la même année. Emprisonné à la Bastille puis à Vincennes, il est bientôt rejoint par sa femme. Là, elle accouche de deux enfants morts-nés, puis d’un fille en 1619, la future duchesse de Longueville qui jouera un rôle important lors de la Fronde de 1648. Curieux clin d’œil de l’histoire envers ce prince qui était lui-même né en prison…

Libéré fin 1619 par le jeune Louis XIII qui avait pris le pouvoir de force en 1617, comme nous l’avions vu, le prince Henri II devient un fidèle serviteur du roi.

C’est dans ce contexte que Louis des Ligneris devient son chambellan en 1623. Un beau poste, auprès d’un prince pour le moins turbulent, mais qui est l’un des plus en vue du royaume. Loin d’être anecdotique, cette situation va causer pour Louis la perte de Courville.

Le coup de tonnerre éclate en 1629 : après plusieurs années de pressions et de tractations, Louis vend sa terre de Courville à Maximilien de Béthune, plus connu sous son titre de duc de Sully. Pour autant, la situation mérite quelques explications.

Maximilien de Béthune, duc de Sully

Maximilien de Béthune, duc de Sully

Sully, militaire et ancien compagnon d’armes d’Henri IV, était devenu l’un des plus proches conseillers du roi. Il a exercé plusieurs ministères, dont celui des finances, au cours duquel il a considérablement redressé la situation du royaume. Après l’assassinat d’Henri IV en 1610 (qui était d’ailleurs en route pour venir voir Sully malade à son domicile parisien lorsqu’il a été poignardé par Ravaillac), Sully a siégé au Conseil de Régence. Mais en complet désaccord avec la Reine-mère Marie de Médicis, il a démissionné de presque toutes ses fonctions.

Sully avait déjà acheté le magnifique château de Villebon en 1607, situé près de Courville, mais n’y avait vraiment résidé qu’à partir de 1621. C’est à ce moment qu’il a cherché à se constituer par achats successifs une véritable seigneurie dans le Perche. Le prince Henri II de Bourbon-Condé1 lui vend la ville voisine de Nogent-le-Rotrou en 1624. Or ce prince est celui dont Louis des Ligneris est chambellan, c’est son employeur. Il est donc très raisonnable de penser que Louis n’a pas eu le choix. Sa baronnie de Courville est une victime collatérale de l’accord conclu entre le prince de Condé et le duc de Sully. Probablement soumis à une très forte pression, le petit baron ne pesait rien face à ces deux puissantes figures du royaume.

En explorant un peu plus loin les entrelacs de cette affaire, il est intéressant de noter que le prince Henri II tenait Nogent-le-Rotrou de l’héritage de son père Henri Ier de Bourbon-Condé, qui se partageait alors Nogent avec son demi-frère Charles, comte de Soissons, dont le chambellan n’était autre que Théodore des Ligneris jusqu’en 1607… Charles étant mort en 1612, Henri II avait alors récupéré la totalité de la suzeraineté sur Nogent.

C’est donc par Louis des Ligneris que la baronnie de Courville quitte le giron familial. Il perd ce domaine qui fut transmis à l’intérieur de génération en génération, et par alliances successives, sans jamais être vendu pendant six siècles au moins.

Il semble que Louis ait tout de même conservé le titre de baron de son vivant, sous une forme de co-seigneurie avec Maximilien de Béthune. En effet, le Chapitre (c’est-à-dire l‘assemblée des chanoines de la Cathédrale de Chartres) fait aveu2 « aux barons de Courville : Louis des Ligneris, François et Maximilien-Alpin de Béthune, et Catherine de la Porte, veuve de M.-A. de Béthune. »

De la même façon, un certain Jacques de Renty avec d’autres seigneurs et dames du fief de la Henrière (paroisse de Chuisnes), font aveu3 à « Louise de Vieuxpont, veuve de Perceval (Parseval) de Billy, Louis des Ligneris et François de Béthune, seigneurs et dames de Courville. »

C’est à cette époque également que Louis et sa femme se séparent. Son frère Geoffroy, chevalier de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, meurt à Malte.

Le plus jeune des fils restants, Albert, se marie4 le 31 mai 1631 avec Geneviève de Laurent (Lorent). C’est un mariage tardif car il a environ 35 ans. Ses beaux-parents sont Geneviève Langlois et Jacques de Laurent, seigneur de Douceré, vicomte de Châteauneuf-en-Thymerais. Albert possède quant à lui les petites châtellenies de Saint-Jean-de-la-Forêt et Beauvais-en-Gâtine.

Son père Théodore des Ligneris s’éteint à 81 ans le 4 juin 1634 à Fontaine le Guyon. Il a eu le temps de voir la naissance du premier enfant d’Albert, prénommé François. C’était, de son vivant, son seul petit-fils – mais pas encore celui qui continuera la lignée…

Après la génération de Théodore, les possessions familiales se trouveront dispersées aux quatre vents. Tous les efforts déployés depuis 1460 pour acquérir des terres, par alliance ou par achat, sont réduits à néant. Chaque génération avait pourtant réussi à augmenter le domaine familial. Et cela malgré une première rupture, marquée par la fin de la branche aînée constituée par Michel et son fils René, ce dernier étant mort sans héritier. Michel avait emporté avec lui la plupart des terres de ses aïeux, rien n’étant misé sur les autres fils. Mais le cadet Jacques s’étant révélé un brillant homme de lettres, magistrat fameux et diplomate réputé, sa fortune avait permis de reconstituer quelque domaine. Son fils Théodore avait subit une nouvelle discontinuité familiale puisqu‘il ne connut pas son père, mais il avait hérité de ses terres, auxquelles il ajouta celles obtenues par son mariage et, grâce à sa position dans les sphères proches des princes, par de nombreuses acquisitions.

Pourtant, voilà qu’avec onze enfants, il doit séparer les biens pour doter ses cinq filles, et fournir à ses fils de quoi exister socialement et matériellement. Bien sûr, il a conservé pour l’aîné le domaine principal, Courville et le titre de baron qui y est associé, mais l’absence d’héritier mâle et finalement la vente forcée de ce fleuron achèvent la dispersion des terres familiales. Son autre fils Jacques n’ayant pas non plus de garçon, ses biens partent dans les dots de ses filles. Albert qui est l’un des plus jeunes fils n’a reçu que des terres secondaires. Il récupérera aussi, peut-être par leg de son frère, le château de Fontaine-la-Guyon qu’affectionnait beaucoup son père. Mais c’est pour la famille un nouveau démarrage, où Albert et ses successeurs vont devoir tout rebâtir.

1Pour plus de détails sur la vie tumultueuse d’Henri II et son impact sur la politique nationale, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_II_de_Bourbon-Cond%C3%A9

2 Archives Départementales de Chartres, document G1631.

3 Archives Départementales de Chartres, document E1429.

4 L’acte de mariage est passé devant Germain Nasse, notaire à Châteauneuf-en-Thymerais.

Théodore (4ème partie) : Courville versus Réclainville

Assassinat d'Henri III par le moine Jacques Clément

Assassinat d’Henri III par le moine Jacques Clément

1er août 1589. Henri III de Valois vient d’être assassiné par un fanatique de la Ligue Catholique, ce parti opposé à la politique royale favorable aux protestants. Robert Merle raconte la scène avec brio dans le cycle Fortune de France. Il nous décrit l’arrivée du moine Jacques Clément demandant audience au roi pour lui révéler une information confidentielle. Les gardes du corps, nerveux, veulent empêcher Clément de s’approcher du roi. Mais Henri III a toujours voué une admiration particulière aux moines, il a même effectué plusieurs retraites en monastère. D’un signe de la main, il ordonne aux gardes de le laisser venir à lui. Clément se penche à l’oreille d’Henri, sort brusquement un large couteau de son habit, et poignarde le roi au ventre. Les gardes se précipitent en hurlant, saisissent le moine, le transpercent de leurs épées et le jettent à travers la fenêtre. Il s’écrase plusieurs étages en contrebas, mort. Mais le mal est fait, Henri va agoniser toute la nuit avant de décéder.

En août 1589, le protestant Henri III de Navarre devient ainsi Henri IV de France, roi légitime au regard du droit dynastique. Mais ni la population majoritairement catholique ni les grandes familles constituant la Ligue ne le reconnaissent comme tel. Elles lui préfèrent son oncle, le cardinal Charles de Bourbon, aussitôt appelé « Charles X ». Cependant très âgé, et déjà détenu par Henri IV, il mourra en prison en 1590.

Charles duc de Mayenne, vers 1580

Charles duc de Mayenne, vers 1580

Certaines villes se révoltent avec l’aide de l’Espagne ; les campagnes et notamment le Perche se rangent dans le parti du Roi Henri IV. A Chartres par contre, le gouverneur intérimaire Jean d’Allonville (seigneur de Réclainville) avait profité de l’assassinat du duc de Guise en décembre 1588 pour supplanter le gouverneur en titre François de Sourdis fidèle au roi. Ayant rallié les habitants de Chartres à la Ligue, il avait fermé les portes de la ville aux troupes du roi Henri III le 17 janvier 1589, et accueilli Charles de Lorraine, duc de Mayenne. Ce dernier était en effet devenu le chef de la Ligue à la mort de son frère le duc de Guise. Il n’en avait cependant pas le charisme. Son embonpoint et sa réputation de pingrerie le desservaient. Sans grand sens politique, ni esprit de décision, il se montrait défiant et rusé.

« Le premier acte de Jean d’Allonville fut néanmoins de sauver François de Sourdis que le duc de Mayenne voulait faire décapiter ; puis il avait obligé le reste des habitants à jurer l’union sacrée (envers la Ligue). Réclainville fit aussi chasser les huguenots de la ville, et emprisonner quelques-uns. (1)

Nicolas de Thou évêque de Chartres

Nicolas de Thou évêque de Chartres

« Les seules personnes sur qui le roi pouvait compter étaient l’évêque, Nicolas de Thou, et le gouverneur, François de Sourdis, mais ils avaient peu d’influence sur les habitants de Chartres. En vain, le roi envoya le Procureur Général de la Guesle pour essayer de faire entendre raison à la population. On ne lui répondit qu’en criant : La sainte union! On ne respecta pas même le droit des gens. […] Théodore des Ligneris fit arrêter le Procureur Général, et ne le relâcha qu’après en avoir tiré une grosse rançon. » (2)

Mais par ailleurs « Théodore des Ligneris, qui pour plusieurs raisons était des amis particuliers de M. de Thou. » (3), le fit prévenir qu’il était en danger, ce qui permit à l’évêque de partir sans délai et de se réfugier auprès du roi.

Ainsi lorsqu’Henri III est assassiné, Jean d’Allonville refuse de reconnaître Henri de Navarre comme roi de France. Cependant, il trouve à Chartres des ligueurs qui l’accusent de tiédeur et même de trahison. On prétend qu’il a, par négligence, laissé prendre un lieutenant que lui envoyait Mayenne. On lui reproche d’avoir relâché François de Sourdis ; et le baron de Courville auquel il a refusé les pleins pouvoirs soulève le peuple (4). Il y a contre lui des émeutes, il est même emprisonné par les plus extrémistes des ligueurs, le 15 septembre 1589. »

Libéré quelques temps plus tard, Jean d’Allonville refuse de reprendre le poste de gouverneur et le cède à Georges Babou de La Bourdaisière. (5La place de Réclainville demande à être éclaircie. […] Son comportement est celui d’un gentilhomme tel qu’on peut en rencontrer de fort nombreux au XVIème siècle. Ainsi la solidarité dont il fait preuve à l’égard des nobles royalistes et du gouverneur Sourdis est typique des attitudes de l’époque et incline à penser qu’il n’a pas agi avec la foi d’un croisé mais selon la morale nobiliaire classique, plutôt ennemie du fanatisme religieux. Il semble aussi qu’il se soit déterminé par fidélité aux Guise et particulièrement à Mayenne. […]

En 1590 Théodore des Ligneris fait amende honorable auprès d’Henri IV. « Assuré de sa sincérité », le nouveau roi lui donne le 8 mars une compagnie de 50 lances pour s’être rendu, dit-il, « digne et capable par ses vertus et mérites d’être honoré des charges et administrations de l’État ».

« Théodore des Ligneris qui avait donc poussé Chartres à soutenir la Ligue catholique, changea soudainement de camp: il livra Verneuil à Henri IV, au grand mécontentement des bourgeois de Chartres qui vendirent alors ses meubles aux enchères afin d’acheter l’artillerie nécessaire à la défense de la ville. » (6)

« Mais François de Rouxel, Grand Ligueur, surprend Théodore à Verneuil, qui fut fait prisonnier, tandis que sa femme, assiégée dans son château de Courville, se voyait contrainte de capituler. Une rançon leur permit de recouvrer la liberté. »

Il semble que Théodore était un opportuniste, sans grandes convictions politiques ou religieuses. Il s’était détourné d’Henri III après l’épisode des États Généraux de Blois. Sans doute aussi avait-il déjà quelques prévenances contre lui, étant donné qu’il avait grandi depuis l’âge de 9 ans, et partagé toute sa vie avec François de Valois qui jalousait à l’extrême son frère Henri, et ne devait pas manquer de le critiquer. Quant à Henri IV, Théodore avait joué avec lui étant enfant dans la cour du château de Pau durant les années 50, de l’âge de 5 ans jusqu’à 9 ans. Plus que la politique, ce qui conduit Théodore est la possibilité de tirer avantage de la situation immédiate.

« En 1590, les ligueurs de Chartres vivaient dans la hantise du complot, attitude commune à toutes les villes et qui justifiait les répressions. Les Chartrains n’avaient pas tort de s’inquiéter, car leur ville était un point stratégique important de la grande couronne parisienne et l’un des marchés à blé de la capitale. De plus, hormis la Bretagne et Rouen, Henri IV contrôlait la plus grande partie de l’ouest : la Normandie, la Touraine, l’Anjou, le Maine, le Poitou, l’Angoumois, l’Aunis, la Saintonge, la Guyenne et la Gascogne. Il était donc nécessaire pour lui de faire sauter le verrou ligueur aux portes de ces régions que représentait Chartres. (7)

Le siège commença le 11 février 1591 (8). L’infanterie, commandée par Sourdis, occupa les faubourgs de manière à montrer sa détermination aux assiégés. Le 16, le roi tenta une ultime démarche en sommant les Chartrains de se rendre. Le maire et les habitants répondirent qu’ils y étaient prêts si Henri IV se faisait catholique. Le curé de Saint Aignan, Cailleau, organisa une procession dans le plus pur style parisien, pieds nus dans le froid et la neige, pour demander à Dieu de protéger la ville contre la canonnade. Celle-ci commença néanmoins le 27 février à six heures du matin et créa de gros dommages. La Bourdaisière, le nouveau gouverneur ligueur, qui savait qu’il ne disposait pas des moyens militaires pour résister à une telle attaque, proposa de remettre la ville au roi, mais les Chartrains refusèrent, ne voulant à aucun prix se soumettre à un « hérétique ». Du 17 mars au 10 avril, les négociations alternèrent avec les attaques et les canonnades. Peu à peu le moral de la population céda et le gouverneur parvint à la convaincre, malgré l’hostilité absolue du clergé, d’accepter les propositions des assiégeants.

L’exemple de Chartres illustre le cas d’une ville sans vraie tradition municipale qui bascule dans la Ligue grâce à une conspiration réussie. Le rôle des nobles y est plus central que celui des notables. Des minorités agissantes ont servi de relais, et ont poussé à la radicalisation après l’assassinat d’Henri III et lorsqu’il est apparu à tous que Chartres allait être assiégée par le nouveau roi, qui était considéré par nombre de ligueurs comme le diable incarné. La mise à l’écart des notables, notamment du gouverneur, […] pour laisser la place à des chefs de rue, de quartier ou de paroisse, symbolise l’évolution vers une Ligue plus populaire.

L’ambition personnelle n’est pas non plus un facteur à négliger, d’autant que Réclainville avait un concurrent à l’intérieur même de la noblesse ligueuse, selon le chancelier de Cheverny qui le rapporte dans ses mémoires : Théodore de Ligneris, dont Henri III n’avait pas voulu pour député de la noblesse du baillage de Chartres en 1588. Les annalistes locaux rappellent que le baron de Ligneris intriguait contre Réclainville et qu’il fut à l’origine de la sédition qui entraîna son renvoi parce qu’il était « dépité » de n’avoir pas été élu député ni choisi comme gouverneur par Mayenne. »

Les habitants de la ville de Chartres se rendirent en avril 1591. Henri IV leur accorda la garantie de l’exercice de la religion catholique, l’interdiction du culte réformé dans la ville et les faubourgs, la confirmation de leurs privilèges, et la permission pour les ligueurs qui le désiraient de s’exiler dans une autre cité. On sait qu’ils allèrent pour partie à Orléans, comme Jean d’Allonville. Le chancelier puis le roi firent leur entrée, on reconstitua la municipalité selon l’ancienne coutume. La Ligue chartraine avait vécu.

(1) Ce paragraphe est tiré de l’article de Wikipedia intitulé « Jehan II d’Allonville de Réclainville ».

(2) Mémoires, de Thou, livre XCIV.

(3) « Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou : depuis 1543 jusqu’en 1607 »

(4) Le baron de Courville est Théodore des Ligneris. On se rappelle que les personnes étaient désignées indifféremment par leur nom patronymique ou le nom de leurs terres, avec ou sans titre. Ainsi Théodore croisant une de ses connaissances pouvait être interpellé de la manière suivant : « Ah ! Courville justement il fallait que je vous voie ».

(5) L’on retrouve ici la belle-famille de René des Ligneris (cousin de Théodore, il avait été tué en 1562 à la bataille de Dreux, où il commandait la cavalerie légère du prince de Condé). Le père de Georges cité ici, Jean Babou de la Bourdaisière, avait sauvé Théodore en 1562 lorsque celui-ci âgé de seulement 9 ans avait été arrêté, maltraité et emprisonné à Loches. Voir aussi : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Babou_de_La_Bourdaisi%C3%A8re

(6) La Ligue, de Jean-Marie Constant, chez Fayard, 1996. http://www.fayard.fr/la-ligue-9782213594880

(7) Ce paragraphe et les quatre suivants sont tirés de l’ouvrage La Ligue, de Jean-Marie Constant, chez Fayard, 1996. http://www.fayard.fr/la-ligue-9782213594880

(8) A l’intérieur des fortifications de Chartres, « les troupes régulières et les six compagnies de la milice bourgeoise forment un effectif de 3.500 hommes de pied et de 300 chevaux, environ. Mais toute la population, accrue d’un grand nombre de paysans réfugiés, travaille aux fortifications et aux brèches. » (source Wikipédia, article « Jehan II d’Allonville de Réclainville »)